Dans The Spectator du 21 octobre 2017, Douglas Murray analyse, non sans ironie, la situation dans laquelle se trouve aujourd'hui Tariq Ramadan, après la plainte déposée par Henda Ayari pour viol et harcèlement sexuel (suivie d'une plainte pour dénonciation calomnieuse de Tariq Ramadan):

Sharia Law and the relative mercies of French Justice

https://blogs.spectator.co.uk/2017/10/sharia-law-and-the-relative-mercies-of-french-justice/

Pour ceux qui ne souhaitent pas lire l'article en anglais voici un petit résumé :

Douglas Murray explique que, depuis des années, Tariq Ramadan a été l'un de ses plus proches ennemis. Il rappelle la filiation de Tariq Ramadan avec son grand-père Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans en Egypte, sa thèse hagiographique sur ce même grand-père que l'Université suisse a fini par valider.

Tariq Ramadan a été moins bien accueilli en France qu'au Royaume-Uni. Même s'il a eu ses adeptes français, il a été critiqué en France pour son double discours et ses propos douteux.

Douglas Murray rappelle, fort à propos, la fameuse émission télévisée dans laquelle, mis au pied du mur par Nicolas Sarkozy sur la question de la lapidation en cas d'adultère, il répondit souhaiter un moratoire sur la question.

Fort à propos puique c'est Tariq Ramadan qui se trouve aujourd'hui coincé dans une procédure d'accusation de viol. 

Douglas Murray ne se prononce évidemment pas sur le fond. Il s'interroge non sans ironie pour savoir si Tariq Ramadan devrait ou non être heureux d'être jugé en France. D'un côté, s'il est jugé selon la charia, alors, la parole de la plaignante vaudrait la moitié de la sienne et il pourrait s'en sortir. D'un autre côté, s'il est jugé coupable, la justice française pourrait lui épargner la lapidation !

J'ajouterai que, très vraisemblablement, Tariq Ramadan s'en sortirait sans doute mieux sous l'arbitrage de la charia puisqu'il faut quatre témoins oculaires masculins pour attester d'un adultère dont le viol n'est apparemment qu'une sous-catégorie et que les victimes de viol, dans les pays où la charia est appliquée, portent rarement plainte en raison du déshonneur qui pèse alors sur leur famille et des châtiments qui peuvent s'abattre sur elles. 

Lire à ce propos : 

Lyne Marie Larocque, DE L'INÉVITABLE ÉCART ENTRE LA LOGIQUE RELIGIEUSE ET LA RÉALITÉ SOCIALE: LE VIOL EN ISLAM,  RELIGIOLOGIQUES, no 11, printemps 1995, pp. 193-208

http://www.religiologiques.uqam.ca/no11/inevitable.PDF