JEUNES D'ORIGINE ÉTRANGÈRE (1968-2005)

Bernard Aubry et Michèle Tribalat

 

De 1968 à 2005, la proportion de jeunes d’origine étrangère s’est accrue de 11,5 % à 18,1 %, principalement en raison de l’évolution en Ile-de-France où elle est passée de 16 % à 37 %. Elle a également augmenté dans un grand quart Ouest de la France, territoires peu concernés par l’immigration à la fin des années 1960, tandis qu’elle a baissé dans les bastions d’immigration plus traditionnels du Sud et du Nord-Est industriel. Les huit départements franciliens affichent en 2005 la proportion de jeunes d’origine étrangère la plus élevée, avec un maximum en Seine-saint-Denis (57 %).

Les recensements et, depuis 2004, les enquêtes annuelles, recueillent des informations sur le pays de naissance et la nationalité des personnes. L’Insee peut donc fournir des données sur les immigrés et les étrangers[1] pour tous les âges de la vie. En revanche, recensements et enquêtes annuelles ne repèrent pas directement les populations d’origine étrangère incluant les personnes nées en France d’au moins un parent immigré. Néanmoins, la mise en relation des bulletins individuels collectés à l’intérieur d’une même famille permet de dépasser cette limite, dès lors que l’on s’intéresse à des âges où les enfants vivent encore chez leurs parents. Ce qui est le cas de pratiquement tous les mineurs résidant en France.

La proportion de personnes de moins de 18 ans vivant avec un parent immigré, qu’on appellera jeunes d’origine étrangère, constitue un indicateur partiel certes, mais à dimension prospective puisque la jeunesse à une date donnée préfigure la population des jeunes adultes vingt ans plus tard. Il présente l’avantage d’inclure les effets démographiques de l’immigration étrangère sur deux générations. Les petits‑enfants d’immigrés dont les deux parents sont nés en France sont donc absents de cet indicateur. Au fur et à mesure que les enfants d’immigrés dépassent l’âge adulte, l’indicateur peut s’amenuiser puisqu’il n’inclut pas tous les enfants de ces derniers. Tout dépend, en fait, de la pérennité des courants migratoires qui sont à l’origine de cette jeunesse d’origine étrangère. Cet indicateur reflète donc les effets plus ou moins différés de l’immigration, mais pas à très long terme. Grâce au fichier historique des recensements SAPHIR élaboré à l’Insee Alsace, il est possible de retracer l’évolution de la proportion de jeunes d’origine étrangère de 1968 à 2005[2] pour l’ensemble de la métropole, mais aussi pour des univers géographiques allant jusqu’au niveau communal[3].

Une hausse de la proportion de jeunes d’origine étrangère imputable, pour l’essentiel, à l’évolution francilienne

La proportion de jeunes d’origine étrangère est passée de 11,5 % en 1968 à 18,1 % en 2005. Sans l’Ile-de-France, elle aurait stagné autour de 13 % à 14 % depuis 1982 (graphique 1). La composition par origine de cette jeunesse reflète l’évolution des flux migratoires et de la fécondité différentielle des immigrés. Plus d’un jeune sur dix est désormais originaire d’Afrique ou de Turquie. La croissance de la présence sub-saharienne, pourtant très localisée en Ile-de-France, a produit des effets visibles au niveau national. Quasiment absents parmi les jeunes à la fin des années 1960, les enfants d’ascendance subsaharienne représentent aujourd’hui 3 % de la jeunesse française. C’est plus que ce qui reste des grands mouvements migratoires en provenance d’Europe du Sud (tableau 1).

Grahique1.- Évolution de la proportion de jeunes d’origine étrangèreen France avec ou sans l’Ile-de-France

Source : Insee, Fichier SAPHIR ; Champ : 0-17 ans

Tableau1.- Évolution de la proportion de jeunes d’origine étrangère (1968-2005)

 

1968

1975

1982

1990

1999

2005

Toutes origines

11,5

13,6

15,3

16,6

16,9

18,1

Europe du Sud

6,3

7,0

6,2

4,9

3,7

2,8

Maghreb

2,4

4,2

5,9

6,8

6,6

6,9

Afrique subsaharienne

0,1

0,2

0,6

1,3

2,2

3,0

Turquie

0,2

0,1

0,4

0,8

1,1

1,4

Source : Insee, Fichier SAPHIR, Champ : 0-17 ans

En 1968, en Ile-de-France, 16 % de la jeunesse était d’origine étrangère. C’est le cas de 37 % des jeunes Franciliens en 2005. L’Ile-de-France est devenue la région où la part de la jeunesse d’origine étrangère est la plus importante, loin devant l’Alsace (23 %) PACA (21 %) et Rhône-Alpes (20 %). En 2005, tous les départements franciliens sont en tête pour leur pourcentage de jeunes d’origine étrangère. Il n’en a pas toujours été ainsi. En 1968, les concentrations étaient les plus élevées dans le sud et le nord-est de la France avec un maximum d’un tiers de jeunes d’origine étrangère dans les Pyrénées-Orientales, contre seulement 19 % en Seine-Saint-Denis. Aujourd’hui ce département détient le record avec 57 %. L’implantation immigrée dans ce département a abouti à une croissance impressionnante du poids de la jeunesse d’origine étrangère.

Tableau 2.- Départements aux plus fortes proportions de jeunes d’origine étrangère en 1968 et en 2005

1968

Pyrénées Orientales

Alpes maritimes

Bouches-du-Rhône

Moselle

Toutes origines

33,2

25,6

24,4

25,2

Europe du Sud

29,2

15,3

10,2

14,1

Maghreb

3,1

6,3

10,8

2,4

Afrique noire

0,0

0,3

0,3

0,1

Turquie

0,0

0,2

0,6

0,0

2005

Seine-Saint-Denis

Paris

Val-de-Marne

Val-d'Oise

Toutes origines

56,7

41,3

39,9

37,9

Europe du sud

4,0

4,0

5,5

4,8

Maghreb

22,0

12,1

13,2

13,0

Afrique noire

16,0

9,9

10,8

9,1

Turquie

2,7

0,6

1,2

3,1

Source : Insee, Fichier SAPHIR, Champ : 0-17 ans

La comparaison de la composition par origine des quatre départements comprenant les plus fortes concentrations en 1968 et en 2005 donne une idée des évolutions profondes qui ont marqué l’immigration étrangère en France et donc la démographie française (tableau 2).  En 1968, dans les départements à forte concentration, comme en France en général, l’Europe du Sud était l’ascendance la plus fréquente des jeunes d’origine étrangère, importance partagée parfois déjà avec le Maghreb (Bouches-du-Rhône) ou d’autres Européens (Moselle). Ces enfants d’Européens du Sud étaient tantôt d’origine espagnole (presque tous les jeunes d’origine étrangère des Pyrénées-Orientales) ou italienne (Alpes-Maritimes, Moselle). Même si l’immigration s’est diversifiée dans les anciens territoires d’immigration, elle n’a souvent pas compensé le fléchissement des effets démographiques de l’immigration passée. Dans les Pyrénées-Orientales, la proportion de jeunes d’origine espagnole est passée de 28 % en 1968 à 4 % en 2005, tandis que la part des jeunes d’origine maghrébine s’accroissait certes, mais pas à ce rythme (8 % en 2005 contre 3 % en 1968). Mais, à Perpignan même, ce que la ville a perdu en enfants d’immigrés d’Europe du Sud (4 % en 2005 contre 22 % en 1968), elle l’a gagné, presque exactement, en enfants d’immigrés d’Afrique et de Turquie (respectivement 21 % et 5 %). Ces jeunes sont presque tous d’origine maghrébine.

Une concentration accentuée à l’Ouest au détriment du Sud et du Nord-Est

Un indicateur synthétique résume assez bien l’évolution géographique de la proportion de jeunes d’origine étrangère au cours des presque 40 ans séparant la fin des années 1960 d’aujourd’hui. C’est le rapport des écarts relatifs à la moyenne nationale desproportions départementales en 2005 relativement à 1968. Il permet de répondre à la question de savoir si un département a vu sa proportion de jeunes d’origine étrangère progresser, compte tenu de la hausse de celle-ci à l’échelle nationale. La carte 1 représente quatre cas selon que la proportion de jeunes d’origine étrangère rapportée à la moyenne nationale s’est accrue de plus ou moins 40 % ou que sa position relativement à la moyenne nationale a régressé de plus ou moins 40 %.  Cette position s’est affaiblie très nettement dans les bastions de l’immigration de la fin des années 1960. La proportion de jeunes d’origine étrangère y a d’ailleurs reculé en termes absolus.

Carte 1.-     Évolution de la proportion de jeunes d’origine étrangère dans les départements par rapport à la moyenne nationale

Source : Insee, Fichier SAPHIR; champ : 0-17 ans

Par contre, la progression de la part des jeunes d’origine étrangère a été très forte, non seulement dans la région parisienne qui pèse très lourd dans l’évolution nationale, on l’a vu, mais dans les départements d’un grand Ouest qui commence aux franges de l’Ile-de-France. Dans la plupart de ces départements, la présence d’origine étrangère était extrêmement faible, voire évanescente à la fin des années 1960.  Ils n’ont pas gagné le haut du tableau certes, mais ont, pour certains, cessé d’avoir un peuplement quasiment homogène. Le Maine-et-Loire est exemplaire de ce type d’évolution. En 1968, à peine plus d’un jeune sur cent était d’origine étrangère. Trente-sept ans plus tard, c’est le cas d’un jeune sur 14. Ceci s’est traduit à Angers même par une croissance de la part des jeunes d’origine étrangère de 3 % à 16 %. Plus de 7 % des jeunes Angevins sont d’origine maghrébine et un peu plus de 4 % d’origine subsaharienne (soit à peu près comme à Lyon). Dans le Loir-et-Cher, le pourcentage de jeunes d’origine étrangère est passé de 4 % à 13 % et, dans la préfecture, l’évolution a été particulièrement spectaculaire. En 1968, 5 % seulement de la jeunesse blésoise était d’origine étrangère. Trente-sept ans plus tard, c’est le cas d’un tiers. Ils sont, pour l’essentiel, d’origine maghrébine, subsaharienne ou turque (tableau 3). Avec 6 % de jeunes d’origine turque, Blois est 24ème sur les 284 communes retenues.

Tableau 3.- Évolution de la proportion de jeunes d’origine étrangère

à Blois par origine (%)

 

 

1968

1975

1982

1990

1999

2005

Toutes origines

5,4

12,9

19,1

22,9

25,3

33,2

Dont :

 

 

 

 

 

 

Europe du Sud

2,9

7,9

8,1

6,7

3,6

2,8

Maghreb

1,5

4,4

7,4

8,6

11,8

13,1

Afrique noire

0,0

0,0

0,2

2,7

3,8

8,2

Turquie

0,0

0,0

1,1

2,6

2,9

6,0

Autre

0,9

0,5

2,3

2,3

3,2

3,1

Source : Insee, Fichier SAPHIR, champ : 0-17 ans

À ces départements fortement homogènes de la fin des années 1960, il faut ajouter le Bas-Rhin où la proportion de jeunes d’origine étrangère a plus que doublé (22 % en 2005 contre 9 % en 1968), rejoignant ainsi le Haut-Rhin. Haguenau ne comptait que 6 % de jeunes d’origine étrangère en 1968. Cette proportion atteint 22 % en 2005, les enfants d’origine turque y occupant une place importante (un enfant sur dix). En 2005, ce ne sont pourtant pas les villes alsaciennes qui détiennent le record de concentration en jeunesse d’origine turque. C’est Oyonnax (21 %) dans l’Ain et  Clichy-sous-Bois (14 %) et Villiers-le-Bel (14 %) en Ile-de-France.

La croissance de la proportion de jeunes d’origine étrangère est un phénomène urbain

En 1968, la proportion de jeunes d’origine étrangère était supérieure dans les communes de plus de 5000 habitants[4], où elle était voisine de 14 %, quelle que soit la taille des communes. En dessous de 10 000 habitants, le pourcentage de jeunes d’origine étrangère est resté le même sur l’ensemble de la période. Cette stabilité reflète, en réalité, une compensation entre un recul dans les zones les plus rurales des régions du Sud principalement et une progression générale dans le grand Ouest, y compris dans les territoires faiblement urbanisés.

Graphique 2.- Proportion de jeunes d’origine étrangère par taille des communes (%)

Source : Insee, Fichier SAPHIR, champ : 0-17 ans

Ainsi, en Languedoc-Roussillon, la proportion de jeunes d’origine étrangère a reculé de 10 points en près de 40 ans dans les communes de moins de 10 000 habitants (15 % en 2005 contre 25 % en 1968). C’est dans ces communes qu’elle était autrefois la plus élevée. Les familles françaises se sont relocalisées dans des petites communes, tandis que les familles immigrées s’installaient plus souvent dans les villes plus grandes. 68 % des jeunes d‘origine française résidaient dans une commune de moins de 10 000 habitants en 2005, contre 56 % en 1968. Au contraire, cette proportion est passée de 51 % en 1968 à 47 % en 2005 pour les jeunes d’origine étrangère. En PACA, la proportion de jeunes d’origine étrangère a baissé dans les communes de moins de 50 000 habitants. La région Centre, touchée par la progression de la présence des jeunes d’origine étrangère a, au contraire, vu leur proportion augmenter quelle que soit la taille des communes, même si cette croissance a été beaucoup plus spectaculaire dans les villes de plus de 10 000 habitants. Globalement, en France, c’est dans les villes de 30 000 à 100 000 habitants que la croissance de la concentration a été la plus marquée (Graphique 2)

La concentration est forte là où elle l’était déjà à la fin des années 1990 et s’est même accentuée

Dans les communes, la proportion de jeunes d’origine étrangère en 1999 est assez prédictive de celle qui a été observée environ sept ans plus tard. La corrélation entre les deux dates est de 98 %. Là où la proportion de jeunes d’origine étrangère était forte, elle l’est restée et s’est même souvent accentuée. Par ailleurs, le niveau de concentration d’une commune dépend très directement de la proportion de jeunes d’origine africaine ou turque (corrélation de 95 %). En 2005, la proportion de jeunes d’origine étrangère dépasse 60 % dans vingt villes (tableau 4). Toutes, sauf Vaulx‑en‑Velin, sont en Ile-de-France. Dans certaines villes, les plus fortes concentrations sont atteintes grâce à l’apport spécifiquement subsaharien.  C’est le cas à Grigny où la proportion de jeunes d’origine subsaharienne a été multipliée par trois en quinze ans. En 2005, 31 % des jeunes Grignois sont d’origine subsaharienne, pourcentage le plus élevé de France, loin devant celui de Clichy-sous-Bois, Saint-Denis, Les Mureaux, Évry, Stains, Sarcelles, Saint-Ouen, Pierrefitte-sur-Seine, Bondy et Épinay-sur-Seine, où il avoisine ou dépasse 20 %.  Ils sont désormais plus nombreux que les jeunes d’origine maghrébine à Grigny et à Évry. Mais le pourcentage de jeunes d’origine maghrébine a encore progressé au cours des dernières années dans certaines villes, comme Aubervilliers ou les Mureaux.

En 2006, encore plus de 60 % de l’immigration étrangère est originaire du Maghreb, de Turquie, ou d’Afrique subsaharienne. 60 % de ce dernier courant débouche en Ile-de-France, ce qui contribue à expliquer la montée en puissance des concentrations en jeunes d’origine étrangère dans cette région[5]. En 2005, les jeunes d’origine africaine ou turque sont devenus majoritaires dans un certain nombre de communes de la région parisienne (64 % à Clichy‑sous-Bois, 59 % à Mantes-la-Jolie, 57 % à Grigny, 56 % à Saint-Denis, 54 % aux Mureaux, à Saint-Ouen et à Sarcelles, 52 % à Pierrefitte-sur-Seine, 51 % à Garges-lès-Gonesse et à Aubervilliers et 50 % à Stains, Gennevilliers et Épinay) et les trois premiers arrondissements marseillais (54 % dans le 3ème, et 51 % dans les 1er et 2ème).

Tableau 4.- Vingt villes où la proportion de jeunes d’origine étrangère dépasse 60 % en 2005

 

1968

1975

1982

1990

1999

2005

Clichy-sous-Bois

22

30

42

61

69

76

Aubervilliers

23

35

42

53

63

75

La Courneuve

22

35

38

55

65

74

Grigny

23

19

32

49

56

71

Pierrefitte-sur-Seine

12

30

34

47

64

71

Garges-lès-Gonesse

30

39

46

51

66

71

Saint-Denis

28

37

45

52

61

70

Saint-Ouen

19

33

41

51

56

67

Sarcelles

20

25

40

52

61

66

Bobigny

17

29

37

46

59

66

Stains

21

24

32

46

58

66

Villiers-le-Bel

21

22

37

44

58

65

Épinay-sur-Seine

12

22

34

46

56

65

Mantes-la-Jolie

10

32

47

61

65

65

Pantin

14

22

37

51

56

64

Bondy

16

22

32

42

54

63

Les Mureaux

18

29

45

53

58

62

Sevran

19

30

30

40

50

62

Trappes

9

24

38

50

53

61

Vaulx-en-Velin

41

48

47

51

54

61

Source : Insee, Fichier SAPHIR, champ : 0-17 ans

 

Bibliographie

C. Borrel, Enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005. Près de 5 millions d’immigrés à la mi-2004 », Insee première, N°1098, août 2006.

E. Maurin, Le ghetto français, enquête sur le séparatisme social, Seuil, 2004.

Dossier « Mixité », Urbanisme, N°340, janvier-février 2005.

M. Tribalat, « Les concentrations ethniques en France », Agir, Revue générale de stratégie, N°29, janvier 2007.

B. Aubry, M. Tribalat , Importance et évolution des concentrations en zone Gendarmerie de 1968 à 1999, Centre de Prospective de la Gendarmerie Nationale, 27 mars 2007.

B. Aubry, M. Tribalat , « Les voisins des jeunes d’origine étrangère », Démographie et cultures, colloque international de l AIDELF, Québec, 25-29 août 2008,  http://www-aidelf.ined.fr/colloques/Quebec/aidelf-2008/IMG/pdf/Tribalat.pdf



[1] Les immigrés sont les personnes nées à l’étranger qu’elles soient encore de nationalité étrangère ou aient acquis, depuis leur arrivée en France, la nationalité française. Les étrangers sont les personnes de nationalité étrangère, quelles soient nées en France ou dans un autre pays. Cf. TRIBALAT M., “Immigrés, étrangers, français; l’imbroglio statistique”, Population & Sociétés, Décembre 1989, N° 241.

[2] Données datées à juillet 2005, faisant la synthèse des quatre premières enquêtes annuelles.

[3] Ont été retenues les arrondissements des trois grandes villes (Paris, Lyon et Marseille), les communes d’au moins 30 000 habitants en 1999 auxquelles ont été ajoutées huit communes dont la population est un peu inférieure mais impossibles à négliger compte tenu de l’ampleur qu’y a pris le phénomène migratoire.

[4] Il s’agit en fait de communes qui, en 1999, ont compté moins de 5000 habitants. Les univers géographiques auxquels il est fait référence sont fixes, d’après leur taille en 1999. Ce sont donc les mêmes communes que l’on suit au fil du temps dans chaque tranche.   

[5] Source : Ined, chiffres élaborés par Xavier Thierry. http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/flux_immigration/depuis_1994/

Ce texte a été publié dans Commentaire en 2009 (Été, n°139). Jean-Claude Casanova ayant appris que l'Insee n'en voulait pas et que nous avions du mal à le publier s'est proposé.

Une première publication en avait été faite en...italien dans L'eta delle nazioni, Aspenia, n°44, mars 2009.