PROJECTIONS DE POPULATION

INSEE

2013-2070

 

Les dernières projections de l’Insee ont pour point de départ 2013 et point d’arrivée 2070. Elles visent à donner une idée de l’évolution possible de la composition par sexe et âge de la population sur la période. Comme toute projection démographique, elles reposent sur des hypothèses en matière de fécondité, de mortalité et de migrations. 

LA MÉTHODE

La population s’accroît grâce aux naissances (d’où les hypothèses de fécondité), les entrées en France et diminuent par décès (d’où l’hypothèse de mortalité) et les sorties du territoire.

L’Insee a tout ce qu’il faut pour faire entrer les nouveaux nés dans le bas de la pyramide des âges, grâce à la projection de taux de fécondité par âge synthétisés dans l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) de l’année qui en fait la somme. Ces taux de fécondité par âge étant connus jusqu’en 2013, il reste à supputer leur évolution possible dans les années à venir. L’Insee a envisagé trois hypothèses :

-       une hypothèse centrale suppose un léger fléchissement de l’ICF en début de période (jusqu’à 1,95 enfant par femme en 2016, niveau auquel il se maintient par la suite) par rapport à l’ICF de 2013 (1,99), avec un âge à la maternité qui passe à 32 ans en 2040, contre 30,2 ans en 2013 ;

-       une hypothèse haute suppose que l’ICF atteindra 2,1 enfants par femme en 2020, niveau auquel il se maintiendrait ensuite avec, toujours, la même augmentation de l’âge à la maternité ;

-       une hypothèse basse suppose une régression de l’indicateur de fécondité à 1,80 en 2020, niveau auquel il se maintiendrait ensuite avec, toujours, la même augmentation de l’âge à la maternité.

Disons tout de suite que, compte tenu de l’évolution récente, la France est plus sur la voie de l’hypothèse basse que sur l’hypothèse moyenne, sans parler de l’hypothèse haute, puisque l’indicateur conjoncturel de fécondité est estimé à 1,88 en 2017 (1,85 pour la seule France métropolitaine). 

L’Insee dispose de tables de mortalité par sexe et âge, synthétisés dans l’espérance de vie à la naissance. Il pose des hypothèses sur l’évolution de cette espérance de vie, qui se traduisent par la projection de quotients de mortalité par âge. Il peut ainsi déduire par sexe et âge, les décès, aux bons endroits dans la pyramide des âges.

Il a imaginé, là aussi, trois hypothèses de mortalité qui toutes réduisent l’avantage des femmes qui est de 6,3 ans en 2013 à 2,9 ans en 2070, que l’hypothèse de mortalité soit centrale (avec respectivement 93 ans et 90,1 ans pour les hommes et pour les femmes), haute (avec 96 ans et 93,1 ans) ou basse (avec 90 ans et 87,1 ans). Dans ces trois hypothèses, l’Insee envisage donc une progression de l’espérance de vie plus ou moins prononcée puisque cette espérance de vie à la naissance est seulement de 85 ans chez les femmes et de 78,7 ans chez les hommes en 2013.

C’est beaucoup plus compliqué pour les mouvements migratoires. L’Insee simplifie la question, comme le font d’ailleurs la plupart des instituts nationaux et EUROSTAT, en projetant un solde migratoire décomposé selon le sexe et l’âge, d’après les informations qu’il récupère des enquêtes annuelles de recensement. Le solde migratoire, c’est le reliquat de l’équation démographique de l’année, une fois qu’on a ajouté les naissances et retiré les décès, qui eux sont très bien connus. Tous les défauts de collecte sont ainsi reportés sur le solde migratoire, de même que leurs variations au fil du temps.

Ce solde migratoire fait la balance entre les entrées et les sorties, sans rendre vraiment compte de l’immigration étrangère en France. Il intègre aussi les entrées et sorties des Français. Les estimations de ces mouvements entre les enquêtes annuelles de recensement par l’Insee montrent des effets de compensation partielle. Elles indiquent un solde migratoire négatif pour les Français (et les natifs) et un solde migratoire positif pour les étrangers (et les immigrés). C’est ce que retrace le tableau ci-dessous décomposant le solde migratoire total en un solde migratoire des immigrés et un solde migratoire des natifs (incluant les nés Français à l’étranger peu nombreux, dont l’ampleur des mouvements est faible et son estimation moins fiable).

Décomposition du solde migratoire entre immigrés et natifs de 2006 à 2014 (milliers)

  2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 (p)
Total  112    70    57    32    39    30    72    100    67  
Immigrés  164    143    142    132    144    144    176    204    174  
Nés en France et nés Français à l'étranger     -52   -74   -86   -100   -104   -114   -103   -105   -107  

Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2861375 

Ainsi, le solde migratoire attendu pour 2014 était de 67 000. Il a été revu à hauteur de 30 500 à univers géographique constant (31 700 avec Mayotte, univers géographique retenu dans les années qui suivent pour les publications de l’Insee et dans l’exercice de projection).

C’est ce solde que l’Insee projette sans le décomposer selon qu’il s’agit des natifs ou des immigrés, mais en le décomposant seulement selon l’âge et le sexe. 

C’est donc l’exercice connu dans l’année précédente qui sert de point de départ, avec un solde de + 72 300. L’hypothèse centrale arrondit ce solde à +70 000 qu’elle maintient tout au long de la projection.

L’Insee introduit deux variantes dites haute et basse, ajoutant ou retirant 50 000.

Dans l’hypothèse haute, le solde augmente très rapidement, pour atteindre + 120 000 en 2020, niveau auquel il est ensuite maintenu.

Dans l’hypothèse basse, + 20 000 à partir de 2020, c’est l’exercice inverse qui est pratiqué.

L’Insee a ajouté trois hypothèses de travail :

-       en supposant une espérance de vie ne progressant pas du tout ;

-       en faisant l’hypothèse d’une absence de migration avec un solde migratoire à zéro dès la première année de projection ;

-       en ajoutant une hypothèse appelée « fécondité européenne », projetant un indicateur conjoncturel de fécondité descendant à 1,6 en 2020 et maintenu par la suite à ce niveau.

Ces hypothèses de travail ne sont combinées qu’avec le jeu d’hypothèses centrales pour les deux autres variables. Ainsi, par exemple, les résultats de la projection avec solde migratoire nul supposent in ICF à 1,95 (hypothèses centrale).

Ce type de projection fait l’hypothèse qu’il n’y a aucune interaction entre les variables. Qu’il y ait un solde migratoire à + 120 000 entrées ou à zéro, ne change rien aux hypothèses de mortalité ou de fécondité. Ainsi, la fécondité des entrées nettes (entrées moins les sorties) est la même que celle de la population qu’elles viennent augmenter.

En fait, la décomposition au départ de la projection entre immigrés et natifs est connue. En tenir compte permettrait à l’Insee d’affiner ses hypothèses et d’introduire des interactions, en projetant séparément ces deux composantes et en identifiant même séparément les apports de chacune. Sans même envisager d’aller au-delà du solde migratoire, en projetant des entrées et des sorties d’immigrés et de natifs. L’Insee pourrait ainsi tenir compte de la fécondité différentielle entre femmes immigrées et natives.

Le solde migratoire tel qu’il est conçu actuellement se compose de beaucoup de sorties de jeunes natifs (surtout des hommes, avec un pic à 21-22 ans) et d’encore plus d’entrées d’immigrés. Ce qui donne les courbes du solde migratoire par sexe et âge ci-dessous pour l’année 2013.

Migrations nettes par sexe et âge estimées en 2013. Source : Insee

Ces courbes ont été modifiées pour aboutir aux hypothèses haute et basse. La structure par âge obtenue en 2020 donne celle des années qui suivent (courbes 2020 ci-desous). En gros, dans l’hypothèse haute, l’Insee a diminué la valeur absolue des effectifs négatifs, tout en élevant celle des effectifs positifs et il a fait l’inverse dans l’hypothèse basse. De 2013 à 2020, la transition est linéaire dans les deux cas.

Migrations nettes par sexe et âge en 2020 dans l'hypothèse haute. Source : Insee.

Migrations nettes par sexe et âge en 2020 dans l'hypothèse basse. Source : Insee.

Deux choses sont étranges dans la manière de procéder de l’Insee.

Premièrement, il retient comme réelle l’émigration nette importante des enfants en bas âge qui atteint près de 20 000 sorties nettes (et même plus dans l’hypothèse migratoire haute) à 0 an, soit le nombre le plus élevé de tous les âges. Or, on sait qu’il existe un sous-enregistrement des enfants en très bas âge lors des opérations de recensement. Certains parents ne remplissent pas de bulletin individuel de recensement pour eux. À part les questions sur le sexe, la date et le lieu de naissance, toutes les autres questions – et il y en a 31 en tout - sont sans objet pour ces enfants. Ce qui peut donner l’impression que ces bulletins individuels ne les concernent pas. On peut donc se demander s’il ne serait pas préférable de disposer, lors des enquêtes annuelles de recensement, de bulletins individuels raccourcis et spécifiques pour les enfants en très bas âge, même si la feuille logement spécifie bien que même les nourrissons encore à la maternité doivent être recensés au domicile. 

Deuxièmement, l’Insee a donné un sexe aux personnes composant le solde migratoire à chaque âge à partir de la répartition de 2013. À cette date, le solde migratoire tel qu’estimé par l’Insee est composé de 40 000 immigrants nets qui sont des femmes et de 30 000 qui sont des hommes. D’où la différence de 10 000, au détriment des hommes, qui traduit un départ plus important de jeunes natifs. Ce n’est donc pas tant parce qu’il entrerait plus de femmes que d’hommes (même si les femmes sont devenues un peu plus nombreuses que les hommes dans les flux d’entrées), mais plutôt parce qu’il sortirait plus d’hommes que de femmes qu’on en arrive à cette différence de 10 000 en 2013. Cette différence est maintenue en termes absolus dans les trois hypothèses migratoires non nulles. Ce qui fait que la part des femmes dans le solde migratoire est d’autant plus grande que l’hypothèse migratoire est faible. C’est particulièrement vrai dans l’hypothèse basse. Dans ce cas, comme l’indique le graphique ci-dessous, la transition a été particulièrement brutale en raison du choix de l’Insee sur cette question.

Pourcentage de femmes dans les entrées nettes correspondant aux différentes hypothèses de solde migratoire. Source: Insee.

C’est cet écart de 10 000 persistant au fil des ans qui explique l’évolution du sexe ratio par âge (bleu et violet dans le graphique ci-dessous) par rapport à ce qu’elle aurait été en l’absence de migration (vert) où seules la mortalité (avec un rapprochement important des espérances de vie à la naissance rappelons-le) et la fécondité jouent (graphique ci-dessous).

Nombre d'hommes pour une femme selon l'âge, jusqu'à 57 ans, selon l'hypothèse migratoire, dans le cadre de la projection centrale pour la fécondité et la mortalité. Source : Insee.

APPORT DÉMOGRAPHIQUE DE L’IMMIGRATION

 L’existence, dans le cadre de la projection centrale, d’une hypothèse de travail à solde migratoire nul permet, théoriquement, de calculer l’apport démographique de l’immigration nette. La projection à solde nul donne une idée de ce qui se pourrait se passer sans migration, tandis que les projections à différentes hauteurs de solde migratoire permettraient, par différence, de mesurer cet apport migratoire.

C’est acceptable, si l’on néglige les interactions entre les variables. Notamment le différentiel de fécondité entre les natives et les immigrées. L’Insee a supposé qu’elles avaient toutes la même fécondité. Cette hypothèse sous-estime donc l’apport démographique réel des migrations à la mesure de ce différentiel négligé. Les sorties nettes des natifs privent la France des naissances qu’ils auraient pu avoir en France, alors que les entrées nettes d’immigrés plus nombreuses apportent un surplus d’enfants pas seulement du fait de leur nombre plus important. Mais ça, l’Insee ne permet pas d’en tenir compte.

Voyons donc, quand même, en sachant que le rôle des migrations y est sous-estimé, ce que donnent les projections (avec ou sans migration) de l’Insee telles qu’elles sont.

Sans migration, la population continuerait d’augmenter jusqu’à près de 70 millions d’habitants en 2049, niveau auquel elle se maintiendrait presque ensuite jusqu’en 2070. Comme l’indique le graphique ci-dessous, avec l’introduction d’un solde migratoire positif plus ou moins élevé, la population augmenterait pour dépasser 80 millions (migrations hautes) ou ne dépasser que 72 millions en 2070 (migrations basses).

Évolution de la population avec ou sans migration dans le cadre de la projection centrale pour la mortalité et la fécondité (millions). Source : Insee

En l’absence d’interaction entre fécondité, mortalité et migrations, l’apport démographique des migrations entre 2013 et 2070 se situerait ainsi entre 2,6 millions et 10,7 millions, selon l’hypothèse migratoire. Cet apport représenterait entre 3,5 % et 13,3 % de la population en 2070. Mais, même dans le cas où l’hypothèse basse se trouverait validée, c’est quand même près de 40 % de l’accroissement démographique sur la période qui serait ainsi dû aux migrations, participation qui monte à près de 73 % dans l’hypothèse de migrations hautes (graphique ci-dessous).

Apport démographique des migrations nettes (en proportion de la population et de l'accroissement démographique entre 2013 et 2070), selon l'hypothèse migratoire. Source : Insee.

Ces résultats sont obtenus, on l’a dit, dans le cadre de la projection centrale qui suppose un indicateur de fécondité maintenu à 1,95 à partir de 2016, alors qu’il est déjà descendu, on le sait, à 1,88 en 2017.

Malheureusement, l’Insee ne combine pas l’hypothèse de travail à zéro migration avec d’autres hypothèses que celles de la projection centrale en matière de fécondité et de mortalité.

Dans le cadre de la projection centrale, les migrations sont à l’origine d’un nombre fluctuant de naissances d’ici 2069 (fluctuations qui font d’autant plus écho à la pyramide des âges de départ que les migrations sont basses), avec un minimum de 3,5 % en cas de migrations basses et un maximum de 19,4 % dans l’hypothèse migratoire haute en fin de période (graphique ci-dessous). C’est seulement dans le cadre de l’hypothèse migratoire centrale ou haute que le nombre de naissances en 2069 retrouverait le niveau de 2013, et le dépasserait même de 7 % en cas de migrations plus importantes. La contribution serait sans aucun doute plus importante si l’on tenait compte des interactions entre migration et fécondité.

Pourcentage de naissances supplémentaires dues aux migrations nettes selon l'hypothèse migratoire (2013-2070). Source : Insee.

LES ÉVOLUTIONS DE LA POPULATION ET DE SA STRUCTURE PAR ÂGE

L’Insee a combiné ses différentes hypothèses (hors hypothèses de travail : fécondité européenne, sans migration, pas de progrès dans l’espérance de vie) de toutes les manières possibles. Ce qui donne au total, hypothèses de travail comprises, 30 jeux de projections.  La population projetée en 2070 varie entre 66,1 millions et 87,6 millions. Dans le 1er cas, c’est la conjonction d’hypothèses basses dans les trois domaines qui conduit à une très légère croissance jusqu’en 2042, puis à une baisse régulière pour retrouver un niveau à peine supérieur à celui de 2013. Dans le second cas, fécondité haute, espérance de vie haute et solde migratoire haut conduisent à une croissance linéaire de la population.

Dans tous les cas la structure par âge de la population est appelée à vieillir. L’accroissement de l’espérance de vie accroît le haut de la pyramide des âges. Une fécondité basse a le même effet en diminuant le bas de la pyramide. Les migrations ont un effet plutôt rajeunissant, toutes choses égales par ailleurs.

La plus mauvaise hypothèse, en termes de vieillissement, est sans nul doute celle d’une fécondité descendant à 1,60, dite fécondité européenne. Combinée aux hypothèses centrales de fécondité et de mortalité (seule combinaison testée) elle aboutit à un quasi doublement du nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus (34,2 % en 2070 contre 17,5 en 2013). Peu favorables, en termes de vieillissement, sont les combinaisons d’une fécondité basse et d’une espérance de vie haute. En cas de migrations basses, la part des 65 ans ou plus atteindrait alors 33,4 %, tout ajout de 50 000 migrants nets diminuant chacun de 0,8 à 0,9 point seulement cette proportion. Si l’on met de côté l’hypothèse de travail qui ne projette aucune amélioration de l’espérance de vie à la naissance et aboutit à modérer la part des 65 ans ou plus à 23,5 % selon l’hypothèse migratoire centrale, c’est la conjonction d’une fécondité haute et de progrès modérés de l’espérance de vie qui produirait le vieillissement le moins important : 25-26 % de 65 ans ou plus. La proportion de 80 ans augmenterait le plus dans le cas d’une espérance vie considérablement améliorée (hypothèse haute), surtout si elle est conjuguée à des hypothèses de fécondité et de migrations basses ou centrales. Elle pourrait alors gagner jusqu’à 11 points entre 2013 et 2070.

Le rapport de soutien rapporte la population d’âge actif (ici 18-64 ans) au reste de la population (ici moins de 18 ans auxquels s’ajoutent ceux qui ont 65 ans ou plus). Ce rapport donne le nombre de personnes en âge de travailler en situation de soutenir celles qui ne le sont pas ou plus. Il était de 1,51 en 2013.

Ce rapport est appelé à baisser dans toutes les hypothèses envisagées par l’Insee (tableau ci-dessous). C’est très nettement l’évolution de l’espérance de vie qui est appelée à jouer le premier rôle sur l’évolution de ce rapport de soutien réel. En l’absence de progrès de l’espérance de vie à la naissance, ce rapport ne descendrait qu’à 1,26 selon les projections de l’Insee. En cas de progrès modérés de l’espérance de vie, ce rapport déclinerait à 1,13-1,17 et en cas de progrès moyens à 1,07-1,11. Mais il pourrait tomber à 1,00-1,05 si la progression de l’espérance de vie était forte.

Une fécondité haute, si elle limite le vieillissement, accroît l’importance de la population jeune à charge et a donc ainsi une influence limitée sur le rapport de soutien. Dans le meilleur des cas, elle y ajoute quelques centièmes de points. La hauteur du solde migratoire a aussi un effet modéré sur le rapport de soutien. Ce solde ajoute aussi indirectement des jeunes dans le bas de la pyramide via la fécondité.

Ce ne sont pas tant les hypothèses migratoires qui jouent sur le rapport de soutien que celles sur la fécondité et la mortalité. Si l’on compare l’hypothèse de travail avec les trois variantes de soldes migratoires (en mauve), l’effet sur la structure de la population n’est pas considérable : au maximum, la part des 80 ans ou plus varierait d’un point de pourcentage et le rapport de soutien de 0,04 point. Le principal effet est quantitatif.

Il est probable qu’une prise en compte des différentiels de fécondité réduirait un peu l’ampleur du vieillissement, mais n’augmenterait pas le rapport de soutien (plus d’enfants). Elle aurait aussi un impact quantitatif.

L’Insee pourrait, pour cela, distinguer en début de projection la population immigrée du reste de la population et maintenir cette différentiation tout au long de la projection.

L’opposition dans les dynamiques migratoires des deux ensembles et les comportements différentiels plaident pour une solution de ce type. La population immigrée, ne variant que sous l’effet des entrées et des sorties du territoire et de la mortalité, serait relativement facile à projeter. Les naissances en France de mères immigrées abonderaient la population des natifs.

Il est difficile d’envisager une projection plus fine. La distinction proposée a, en effet, pour seul objectif d’améliorer la projection démographique dans son ensemble et non de projeter séparément une population d’origine étrangère, ce qui serait infiniment plus compliqué[1]. Mais, il ne serait pas bien difficile de documenter la part prise par les femmes immigrées dans la natalité française. L'Insee pourrait ainsi donner le décompte des naissances selon que la mère est immigrée ou native, tout au long de la projection, en fonction des hypothèses retenues.

 

[1] M. Tribalat, "Immigration et fécondité dans les projections de population", La fécondité – Représentation, causalité, prospective, Actes du XVe colloque national de démographie, Strasbourg, 25-28 mai 2010. 

http://cudep.u-bordeaux4.fr/sites/cudep/IMG/pdf/S5_TRIBALAT.pdf