Grand remplacement

Mon erreur dans un article publié dans la revue Cités N° 89

 

21 mars 2022

 

La revue Cités, dirigée par Yves-Charles Zarka, vient de publier un numéro dans lequel elle consacre un dossier à l’angoisse migratoire et identitaire. J’y ai contribué en écrivant un petit texte sur les aspects quantitatifs de la notion de grand remplacement.

Malheureusement, et je ne sais comment l’expliquer, j’ai fait une erreur qui a échappé à mes diverses relectures. Je commentais, dans ce texte, l’évolution de la population d’origine étrangère sur deux générations à partir de plusieurs estimations, de 1986 à 2022.

En 2022, cette population d’origine étrangère représenterait 21,5 % de la population totale, comme indiqué dans le tableau 1.

Mon commentaire erroné page 201 - c’est un peu plus d’un habitant sur quatre qui est soit immigré soit né en France d’au moins un parent immigré – doit être lu ainsi : c’est un peu plus d’un habitant sur cinq qui est soit immigré soit né en France d’au moins un parent immigré.

Heureusement, cette erreur est visible et devrait, je l’espère, sauter aux yeux du lecteur.

Je présente mes excuses à Yves-Charles Zarka, qui introduira un erratum dans le prochain numéro de sa revue, et au lecteur qui, je l’espère, aura su détecter mon erreur.

Cet article est disponible sur Cairn :

https://www.cairn.info/revue-cites-2022-1-page-197.html

Il y est présenté ainsi :

En quoi les données démographiques peuvent-elles éclairer la notion de grand remplacement ?

En rien, si l’on s’en tient à ce que le créateur de cette notion entend par grand remplacement. En effet, Renaud Camus ne se fonde jamais sur les statistiques pour définir ce qu’il entend par grand remplacement, mais sur les perceptions communes : « Le Grand Remplacement […] s’appuie sur le regard, sur l’expérience quotidienne, sur l’évidence, sur le chagrin […] Cela ne relève en aucune façon de la preuve, et moins encore des chiffres… »
Une telle définition ne donne pas beaucoup de prise à la mesure. C’est sans doute pourquoi, certains adeptes, mais aussi, et peut-être surtout, les contempteurs du grand remplacement cherchent à préciser, y compris statistiquement, la consistance numérique de cette notion. Ces derniers font généralement rebondir rétroactivement jusqu’à Renaud Camus, le contenu qu’ils y mettent, le plus souvent pour rendre la notion plus répulsive. C’est ce que fit Le Monde en 2019, à la suite des attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande, dans un article titré : « La théorie du “grand remplacement”, de l’écrivain Renaud Camus aux attentats en Nouvelle-Zélande ». Les auteurs soutiennent que « cette théorie […] se présente comme un “constat” démographique : du fait d’une immigration “massive”et d’une fécondité plus forte, les populations d’origine extra-européenne seraient en passe de surpasser numériquement les populations “d’origine” (c’est-à-dire caucasiennes) en Europe – et, du même coup, d’imposer leur culture et leur religion au continent…